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Auteur Sujet: Macareux moine - Fractercula arctica  (Lu 9139 fois)

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25 novembre 2017 à 15:19:04
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Macareux moine – Fratercula arctica
 

Classe : Aves
 
Ordre :   Charadriiformes
 
Famille :   Alcidae
 
Longueur : 26 - 36 cm / Envergure : 47 - 63 cm
 
Poids : 460 g - 500g
 
Longévité : entre 13 et 25 ans (record de 36 ans pour un macareux écossais)
 
Nom scientifique : Fratercula arctica (petit frère de l'Arctique)
 
Le genre Fractercula regroupe 4 espèces d'oiseaux de mer connus sous le nom de macareux.
- Fratercula arctica - Macareux moine (Atlantique nord)
- Fratercula corniculata - Macareux cornu (Pacifique nord)
Identification : ornements oculaires très marqués, bec très fort, rouge à l'extrémité puis jaune, avec une trace noire en « V » sur l'œil. Longueur : de 36 à 41 cm.
- Fractercula cirrhata - Macareux huppé (Pacifique nord)
Identification : entièrement noir avec masque blanc. En plumage nuptial, une huppe jaune paille tombe sur la nuque. Gros bec vermillon à base gris-vert. Pattes orange. Longueur : de 36 à 41 cm ; envergure : de 56 à 58 cm. (de la mer du Japon à la Californie)
- Fratercula dowi - Macareux de Dow (Pacifique nord)
Disparu de la famille des Alcidés mais décrit en 2000 à partir de restes de fossiles retrouvés dans les ile anglo-normandes de Californie.
De corpulence relativement petit, il est l'intermédiaire entre le genre Fractercula et Cerorhinca monocerata (macareux rhinocéros) en ce qui concerne l'extension dorso-ventrale du rostre et de la mandibule.
Il porte son nom en hommage à Ronald J. Dow.
 
Les espèces du genre Fratercula sont désignées, en anglais, par le terme de «puffin », qui ne correspond pas au sens du mot français (le puffin n'est pas un macareux), ce qui peut engendrer une certaine confusion.
Il existe une autre espèce de macareux genre Cerorhinca.
- Cerorhinca monocerata - Macareux rhinocéros (pacifique nord)
Identification : gris écailleux, foncé, sans dessin caractéristique sur la tête, sourcils et moustache blancs, bec orange surmonté d'un appendice corné, pâle. Longueur : de 35 à 38 cm. Chine, Japon et jusqu'en Californie.
Le terme de macareux est ambigu car il désigne en français plusieurs oiseaux marins classés dans deux genres différents de la famille des alcidés : Fratercula et Cerorhinca. Ils ont tous un plumage noir et blanc et le bec coloré. Ils vivent en colonies dans les régions tempérées fraîches de l'Atlantique et du Pacifique nord.
 
Sous-espèces
Le macareux moine est polytypique et 3 sous espèces ont été déterminées. Bien qu'elles ne concernent que la taille, les différences sont parfois importantes.
- Fratercula arctica arctica vit en Islande, dans le centre et le nord de la Norvège, le sud de la Nouvelle-Zemble, le sud-ouest du Groenland et l'est de l'Amérique du Nord.
- Fratercula arctica grabae est plus petite ; la longueur de l'aile pliée varie de 15,7 à 16,8 cm. Elle se rencontre dans les îles Britanniques, en France et dans le sud de la Norvège.
- Fratercula arctica naumanni est la plus grande ; l'aile pliée atteint 18,3 cm en moyenne. Elle vit à l'est et au nord-ouest du Groenland, au Spitzberg et au nord de la Nouvelle-Zemble.
 
Synonymes : Clown des mers ou Perroquet des mers
 
Ang : Atlantic Puffin
All : Papageitaucher
Esp : Frailecillo Atlántico
Ital : Pulcinella di mare
Nd : Papegaaiduiker
Russe : Тупик
Suédois : Lunnefågel
Islande :Lundi
Danois : Lunde
Bretagne : Calculot
Breton : Boc'han, Boc'hanig, Bohanig, Poganig, Boullig (petite boule), Malaouig ou Peroked Mor
Japonnais : ニシツノメドリ


[b[Numéro de bague d’élevage :
 
Caractères distinctifs :
 
Son petit corps rond, campé sur de courtes pattes, sa tête assez grosse, prolongée par le bec fort et bigarré, donnent à cet oiseau marin une silhouette originale et sa notoriété d'où les appellations familières de Perroquet de mer à cause de son bec ou de clown de mer à cause de ses yeux.
Proche parent des pingouins, il en a la solennelle livrée noir et blanc et vit au sein de colonies prospères dans l'Atlantique nord.
 
En période nuptiale
 

- Le bec remarquable est volumineux et triangulaire, comme compressé latéralement.
Sur la mandibule supérieure, des couches successives cornées aux couleurs alternées rouge orangé, bleu-gris et jaune se sont formées.
Cette mandibule est légèrement incurvée vers le bas.
Les stries orangées du bec permettent de déterminer l'âge de l'oiseau : 1strie = 2 ans.
2 stries (1 profonde et 1 moins marquée) = 3 ans
2 stries profondes = 4 ans.
Ensuite une 3è strie, qu'il ait 5 ou 25 ans.
A la commissure du bec, un renflement charnu orange vif qui rappelle un gros œillet.
La coloration du bec joue un rôle social important, elle indique aux autres macareux la maturité sexuelle de l'oiseau.
 
- Sur sa tête assez grosse, le front, la calotte et la nuque sont noirs.  Un collier noir s'étend tout autour du cou jusqu'au dos. Le restant de la face est gris-blanc.
Les yeux sont bruns avec un cercle oculaire rouge.
L'œil est souligné de deux appendices cornés noirs : un trait sourcilier à la base de l'œil qui se prolonge vers l'arrière, l'autre, de forme triangulaire au dessus de l'œil.
L'œil est pourvu d'une 3è paupière transparente, la membrane nictitante, qui s'ouvre et se ferme d'avant en arrière sur un plan horizontal et le protège lors de la plongée.
Sa vue est excellente hors et sous l'eau et il a une très bonne ouïe.
 

- De la taille d'un pigeon, sa silhouette est arrondie avec une queue et des ailes courtes.
Les parties supérieures du corps sont noires, son abdomen et le bas ventre sont blancs, ce qui le fait ressembler à la robe d'un moine, d'où son nom "macareux moine".
Le dessous des ailes est sombre.
Son plumage dense lui assure une isolation thermique et une imperméabilité parfaites, indispensable à cet oiseau marin qui passe 7 mois par an sur l'eau, à des températures à peine supérieures à 0°.
L'aspect de son plumage varie selon les saisons, à la suite de la mue annuelle.
De par l'insertion de ses pattes relativement courtes, très en arrière du corps, le Macareux moine présente une posture dressée. Sa marche est malhabile, lui donnant un aspect dandinant et déséquilibré au point qu'il peut être projeté au sol par vent fort mais il avance parfaitement au sol par son appui sur les doigts de pied contrairement à la plupart des alcidés qui s'appuient sur les talons.
Ses pattes sont palmées, pourvues de 3 doigts antérieurs réunis d'une palmure et munis de solides griffes noires contrastant avec la couleur rouge orangé vif du pied.
Le pouce est absent.
La griffe interne est repliée lors de la marche, elle sert à creuser les terriers lors de la préparation du nid et lors de combat avec un rival.
Les pattes sont rouges vermillon au printemps en raison de l'augmentation du flux sanguin, elles reprennent la couleur jaune à la fin de la période de reproduction.
Pas de dimorphisme sexuel mais le mâle est légèrement plus grand et son bec un peu plus long.
Ses ailes sont courtes, +/- 16,5 cm lorsqu'elles sont pliées.  Elles sont étroites et couvertes de nombreuses plumes courtes, fortement imbriquées les unes dans les autres.
Les rémiges sont rigides et serrées afin de résister à la pression de l'eau car elles sont de véritables rames avec lesquelles le macareux se déplace sous l'eau, ses pattes servant à se diriger.
C'est un excellent nageur et un bon plongeur.
Son vol est bas et puissant, il compense la faible portance de ses ailes par des battements très rapides.  Pour freiner, il écarte les pattes et offre à l'air la plus grande surface possible.
Il s'en sert essentiellement pour ses nombreux va et vient au moment de l'accouplement et pour pêcher.
 
En période inter-nuptiale
2 mues sont observées pour le macareux moine.
La première, entre juillet et septembre.
                  Le bec perd ses plaques cornées externes et devient donc plus mince et plus petit, de couleur grise et jaunâtre.  Mue partielle de la face et du cou, la face devient gris noirâtre avec la partie lorale encore plus sombre.
L’adulte en plumage d’hiver est plus terne. L’abdomen devient grisâtre et le plumage général est teinté de gris sur les parties supérieures noires. Les pattes et les doigts sont plus ternes, devenant jaunâtres.
Le juvénile ressemble aux adultes mais sa taille est plus petite. Son bec est plus terne, plus sombre et plus petit, et porte à peine deux plaques cornées sur la mandibule supérieure, ce qui lui donne une forme pointue et longue. Les pattes sont plus ternes et plutôt rosâtres.
 
La deuxième entre octobre et avril.
Une autre mue affecte ses rémiges et les rectrices de sa queue et durant quelques semaines, les oiseaux ne peuvent plus voler.
A ce moment là, tout comme les juvéniles, il peut être confondu avec le Mergule nain.
Le plumage du reste du corps est le même toute l'année.
Le juvénile ressemble aux adultes, mais plus petit de taille avec un bec plus terne, plus sombre et plus petit, ne comportant que 2 plaques cornées sur la mandibule supérieure, qui ce  qui donne une forme pointue et longue. Il prend ses couleurs vives à l'âge de 3 ans.
 
Repartition :
La population du macareux moine est estimée à 5,7 - 6 millions d'individus.
Il vit dans l’Atlantique nord et l’Arctique, y compris au Groenland, nord Canada, Golfe du St Laurent, Nouvelle Ecosse, Islande, nord de la Scandinavie, nord de la Russie, Irlande et côtes nord-ouest de la France.
Il ne se reproduit aujourd'hui que localement sur les côtes isolées de l'Europe du nord (Irlande, Ecosses, les Shetland, Scandinavie et la Bretagne (sur l'archipel des Sept-Iles : Rouzic et Malban, les îlots d'Ouessant et en baie de Morlaix) , de l'Islande (où l'on retrouve les plus grandes colonies) de la Norvège et le long de la partie orientale de l'Amérique du nord (Canada et le Maine).
Les 3 autres espèces de Macareux ne vivent que dans le Pacifique.
 
DESCRIPTION DE L’ESPECE EN MILIEU NATUREL :
C'est par petits groupes de 2 ou 3 que les macareux recherchent leur nourriture.
En vol ou posé sur l'eau, il plonge  (souvent à plus de 15m de profondeur) et pagaie sous l'eau avec ses ailes, ses pattes ne servant que de gouvernail pour changer de direction.
Bien adapté à la pêche sous-marine et capable de longues apnées, il stocke le produit de sa pêche entre son mandibule supérieur et sa langue spinuleuse afin d'en pêcher encore d'autres.
Son bec peut ainsi contenir entre 10 et 30 petits poissons qu'il ramènera à son poussin en période de reproduction, souvent poursuivis par les goélands et les labbes contre lesquels il doit se défendre et protéger son butin. Quand il peut éviter le combat, il plonge dans la mer pour échapper à son prédateur.
En dehors de cette période, il avale aussitôt sa pêche sous l'eau.
Le macareux moine est une espèce grégaire en période de reproduction.
Il nidifie en colonies denses, relictuelles et importantes, il est monogame.
Il dort en mer, se laissant flotter, le bec caché sous son aile.
Sur la terre ferme, il reste debout, bien droit, dressé sur ses pattes. Il marche et court parfois de façon très acrobatique à cause de sa démarche maladroite.
Entre eux, les macareux sont querelleurs et bagarreurs, parfois jusqu'au sang, pour défendre  leur nid.
Sa petite taille le rend très vulnérable à ses principaux prédateurs, les goélands et les labes.
La colonie de Fou de Bassan sur Rouzic ne semble pas le gêner.
D'autres espèces comme le Puffin des anglais et le Fulmar boréal entrent également dans la compétition pour l'occupation des terriers, ou les corniches devant l'entrée de ceux-ci.
C'est un oiseau de nature curieuse et très peu farouche.

"Lorsque quelque chose te parait insurmontable, c'est uniquement parce que tu doutes de toi "


25 novembre 2017 à 15:25:21
Réponse #1
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Habitat :
 
Le macareux est un oiseau pélagique qui vit donc constamment en pleine mer (parfois jusqu'à 1 500 km des côtes), sauf pendant la période de reproduction durant laquelle il rejoint la côte. Les macareux se réunissent alors en grandes colonies, généralement dans des surfaces herbeuses sur le haut des falaises des îles et des côtes rocheuses, les falaises maritimes où il creuse des terriers pour s'y reproduire ou bien prend possession de terriers déjà occupés.  On le retrouve principalement sur des eaux profondes et glacées. Il est rarement vu à terre, excepté pour se reproduire.  Il ne reste sur la terre ferme que 4 mois par an.   
En mer, lorsqu'il se pose, le macareux se laisse flotter, souvent le bec sous l'aile.
 
Alimentation :
 

Le macareux moine est piscivore, il se nourrit principalement de poisson tout au long de l’année qu'il capture en plongée comme les harengs juvéniles, les capelans, les lançons adultes, les colins, les motelles, les sprats, merlans, maquereaux, lieus noirs ou jaunes, morues, églefins, les calamars et les crustacés (crevettes) ou encore des vers annélides.
Plus rarement les épinoches de mer et la petite vive.
Vers la fin de l’été, la nourriture se faisant plus rare, il peut devenir planctonophage, complétant son alimentation de planton et aussi des petits crustacés et des calmars.
Les jeunes sont nourris exclusivement de poissons au début (lançons, sprat et merlan), et de quelques invertébrés par la suite. 
En période de reproduction, il ramène à son oisillon une multitude d'alevins coincés entre la mâchoire supérieure de son bec (légèrement crochue) et sa langue spinuleuse (qui porte de petites épines) de même que son palais.
 
Reproduction :
 

La première nidification a lieu vers l'âge de 5-6 ans.
Vers mars-avril, le bec du macareux revêt ses couleurs nuptiales, des lames cornées vivement colorées qui en augmentent le volume apparaissent ainsi qu'une caroncule jaune-orangée à la commissure du bec.
C'est à ce moment que les macareux laissent la haute mer et regagnent les côtes proches de leurs sites de nidification.  En journée on peut les observer près des rivages mais une fois la nuit tombée, ils s'en éloignent, en groupes serrés de plusieurs centaines d'oiseaux mais sans contact entre eux.
Une semaine après leur arrivée près des côtes commence un curieux rituel.
Ils manifestent une agitation croissante, s'envolent en décrivant de larges cercles les rapprochant peu à peu des côtes où ils se posent d'abord de courts instants, puis s'y attardent chaque fois un peu plus.
Les couples commencent à se former alors qu'ils sont encore sur l'eau.
Les anciens couples se retrouvent et de nouveaux couples se forment.
Le rituel reste pareil dans les deux cas, sur l'eau. Le mâle agite vigoureusement les ailes, s'incline devant la femelle par des hochements de tête rapides et des grognements rauquent qui peuvent durer parfois 10 minutes.
Ils tournent l'un autour de l'autre, se frottant le bec ou en se tapotant mutuellement le bec par des mouvements latéraux de la tête.
Cette cérémonie continue sur la terre ferme et il arrive que la femelle, de par son manque d'équilibre sur le sol, tombe et roule sur les pentes, tant les coups de bec sont parfois violents.
Les couples formés restent fidèles d'une année à l'autre mais il n'est pas déterminé s'ils passent l'hiver ensemble.
Une fois les préliminaires terminés, le mâle pousse la femelle à l'eau.
L'accouplement se passe sur l'eau.  Le mâle tient ses rivaux à distance alors que la femelle montre son enthousiasme en enfonçant son arrière-train dans l'eau, tête redressée.
L'accouplement est bref, à peine 5 secondes, mais fréquemment répété.
A la fin de ces ébats, le couple s'ébroue, bat des ailes et toilette son plumage.
Il arrive que le mâle tente de séduire d'autres femelles non appariées. En cas de refus ou pour mettre fin à l'accouplement, la femelle plonge pour échapper aux assiduités du mâle.
La colonie étant importante et l'espace de nidification assez restreint, les couples, dès la fin de l'accouplement, regagnent leur nid généralement à flanc de falaise.
 
Les meilleurs nid se situent au sommet de la falaise, face à la mer, difficilement accessibles pour les prédateurs mais facile pour se poser afin de limiter les risques de se faire attaquer par un goéland lorsqu'il revient au nid, le bec chargé de poissons pour nourrir le petit.
Il peut s'agir d'une excavation, d'un terrier encore occupé ou non par un lapin qu'ils forceront à déguerpir. 
Les anciens couples récupèrent le nid de l'année précédente.
Si l'un des partenaires est absent, l'autre continue de défendre son nid et s'efforce de retrouver un nouveau conjoint.
Si aucun nid n'est disponible, ils creusent à tour de rôle (mais surtout le mâle) une galerie à l'aide de leur gros bec puissant qui sert de pioche et des griffes de leurs pattes, d'une profondeur moyenne de 1.50m à 2m. 
A défaut de pouvoir creuser un nid, ils en font un très rudimentaire entre des rochers ou sous un surplomb rocheux.
 
Le fond du nid est garni de brindilles, d'herbes sèches et de plumes, sans structure particulière.
Il arrive parfois que le fond du nid communique avec un autre, mais chacun respectera son territoire.
Début avril, la femelle pond un œuf unique, blanc, tacheté de brun.
chaque parent couve durant une trentaine d'heure, l'œuf calé sous l'aile, le corps contre la paroi du nid.
Il peut y avoir parfois des pontes tardives, jusqu'à la mi-juillet, mais elles sont généralement vouées à l'échec.
La ponte en Bretagne (avril) a lieu 2 à 4 semaines avant celle des colonies britanniques ou scandinaves.
L'incubation dure entre 36 et 45 jours.  Tous les petits de la colonie naissent vers la 2è semaine du mois de mai.  Le jeune garde le nid durant 5 à 12 semaines sous la surveillance d'un de ses parents qui se relayent pour le nourrir plusieurs fois par jour.
A la naissance, le jeune est couvert de duvet noir brunâtre. Vers un mois il va s'emplumer.
Son bec va devenir proportionnellement plus long et plus sombre.
Grâce à sa langue spinuleuse (qui comporte de petites épines), le macareux peut amasser plus d'une dizaine de petits poissons qu'il transporte latéralement dans son bec (lançons, merlans, sprats ...).
Il présente les poissons pendus, alignés de chaque côté du bec au petit, ne se nourrissant quasi plus lui-même.
Au bout de 40 jours, les parents abandonnent le nid pour rejoindre la mer où ils resteront jusqu'en mars de l'année suivante.
Ils vont muer et seront donc incapables de voler sans leurs rémiges.
Les petits resteront au nid durant encore une semaine.  Dénutris, ils finissent par quitter le nid à la tombée de la nuit pour gagner la mer en courant et voletant maladroitement ou en se jetant dans la mer où ils ne tarderont pas à savoir se débrouiller pour plonger, pêcher et finalement gagner la haute mer.
Durant cette période, ils sont particulièrement vulnérables aux prédateurs car ils sont attiré par les lumières proches s'il y en a et ne sont plus protégés par leurs parents.
10 jours plus tard ils parviendront à voler.
Au printemps suivant, ils rejoindront la colonie de leur lieu de naissance. Le juvénile du premier hiver, encore plus petit que l'adulte, prend son plumage final, mais en plus terne.
Son bec reste sombre, long et pointu, et ses pattes roses, son corps est moins coloré, ce qui facilite son camouflage.
 
"Lorsque quelque chose te parait insurmontable, c'est uniquement parce que tu doutes de toi "


25 novembre 2017 à 15:30:49
Réponse #2
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La reproduction lente du macareux est compensée par la longévité de son espérance de vie.
 
Comportement :
 
C'est par petits groupes de 2 ou 3 que les macareux recherchent leur nourriture.
En vol ou posé sur l'eau, il plonge  (souvent à plus de 15m de profondeur) et pagaie sous l'eau avec ses ailes, ses pattes ne servant que de gouvernail pour changer de direction.
Bien adapté à la pêche sous-marine et capable de longues apnées, il stocke le produit de sa pêche entre son mandibule supérieur et sa langue spinuleuse afin d'en pêcher encore d'autres.
Son bec peut ainsi contenir entre 10 et 30 petits poissons qu'il ramènera à son poussin en période de reproduction, souvent poursuivis par les goélands et les labbes contre lesquels il doit se défendre et protéger son butin. Quand il peut éviter le combat, il plonge dans la mer pour échapper à son prédateur.
En dehors de cette période, il avale aussitôt sa pêche sous l'eau.
Le macareux moine est une espèce grégaire en période de reproduction.
Il nidifie en colonies denses, relictuelles et importantes, il est monogame.
Il dort en mer, se laissant flotter, le bec caché sous son aile.
Sur la terre ferme, il reste debout, bien droit, dressé sur ses pattes. Il marche et court parfois de façon très acrobatique à cause de sa démarche maladroite.
Entre eux, les macareux sont querelleurs et bagarreurs, parfois jusqu'au sang, pour défendre  leur nid.
Sa petite taille le rend très vulnérable à ses principaux prédateurs, les goélands et les labes.
La colonie de Fou de Bassan sur Rouzic ne semble pas le gêner,
D'autres espèces comme le Puffin des anglais et le Fulmar boréal entrent également dans la compétition pour l'occupation des terriers, ou les corniches devant l'entrée de ceux-ci.
C'est un oiseau de nature curieuse et très peu farouche.
De ce fait, il est très apprécié des touristes et se laisse facilement approcher, mais si la présence de l'homme est trop persistante auprès de son nid, il abandonnera celui-ci.
 
En vol, le macareux moine a des ailes courtes qui le propulsent en avant quand il nage sous l’eau. Mais en dépit de son corps trapu aux ailes courtes, cet oiseau a un vol rapide qu’il effectue avec des battements très soutenus.
Lorsqu'il survole l'eau pour repérer ses proies, il est obligé de battre des ailes au rythme de 400 battements/minute.
Il est capable d’atteindre des vitesses de 80km à l’heure environ.
Quand il est en vol, sa tête large et son grand bec lui donnent un profil arrondi. Il peut aussi courir sur l’eau pour s’envoler.
Il n'est pas très doué pour l'atterrissage, il s'écrase souvent ou culbute au sol, percutant parfois d'autre macareux, un peu comme une boule dans un jeu de quille.
 
En plongée, lorsque le macareux pêche, la propulsion est entièrement assurée par de vigoureux battements de ses ailes courtes et étroites, pourvues de plumes rigides, les rémiges, et taillées pour ce type d'effort. Ce « vol sous-marin » peut dépasser la vitesse de 20 km/h. Les pattes, bien que palmées, n'interviennent pas dans la propulsion, mais, par leur mouvement, font office de gouvernail, permettant à l'oiseau de se diriger. Enfin, le plumage plaqué au corps au cours de l'immersion améliore encore la pénétration dans l'eau.
 
Chant :
 
Le macareux moine est le plus silencieux des Alcidés en dehors de la colonie.
Sur les aires de reproduction, on peut entendre un grognement sourd étouffé  « kaa-arr-arr »« arrr-ouh » souvent répété (qui rappelle un peu celui d'une tronçonneuse).
Le poussin au nid émet parfois quelques pépiements plaintifs.
Le macareux est silencieux en mer.
 
https://www.chant-oiseaux.fr/macareux-moine/
Naissance et cris du macareux :







https://www.espace-sciences.org/sites/espace-sciences.org/files/archive/science/images/images-maj/Perso/Sites_Expositions/oiseaux/media/mac.wav
 
Informations complémentaires sur l'espèce dans le monde :
 
Les populations de macareux moine ont décliné, probablement à cause des changements climatiques et du réchauffement des eaux qui a provoqué la disparition du copépode Calanus, dont s'alimente le lançon,  ainsi que la perturbation dans le développement des œufs d'anguilles de sable, proies majeures du macareux juvénile,
Cette perturbation serait responsable à une hausse de mortalité de l'oiseau surtout en période d'hivernage.
De plus, le macareux moine est tué pour sa chair et ses plumes et ses œufs sont prélevés  dans certaines parties de l’habitat (en Islande).
Chasse de loisir et le braconnage concentré aux Sept-Iles, les chasseurs n'ont laissé que quelques centaines d'individus contre les 20000 quelques années plus tôt, ce qui a rassemblés les ornithologues et la création de la Ligue française pour la protection des oiseaux.
De part son aspect « humain » et amusant, c'est l'oiseau qui attire le plus les touristes (uniquement en période de reproduction) au printemps et début de l'été, ce qui les rend sensibles aux perturbations humaines, les incitant parfois à abandonner le nid.
Les pêches excessives où les oiseaux sont pris dans les filets ont contribués à la réduction de certaines populations quand ce n'est pas la forte diminution de leur alimentation.
Ces oiseaux sont également souvent attaqués par les goélands, les grands oiseaux de mer, les rats, les chats, les chiens et les renards quand ils sont près de leur terrier ou même à l’intérieur qui ont proliférés à cause de l'apparition de multiples décharges à ciel ouvert.
Le goéland argenté s'attaque surtout aux petits alors que le goéland marin s'attaque à toute la colonie.
 
Les pesticides et la pollution par les hydrocarbures sont d’autres menaces importantes pour l’espèce.
Ils sont très vulnérables aux marées noire, intoxiqués par le pétrole qui détruit également l'imperméabilité de leur plumage, les dégazages à répétition où ils meurent englués.
Les tempêtes constituent également une menace. Lors des grosses tempêtes de l'hiver 2014, des macareux blessés ont été récupérés dans le bassin d'Arcachon.
Plus de 21000 oiseaux marins tués par les récentes tempêtes
http://www.liberation.fr/terre/2014/02/26/des-milliers-d-oiseaux-de-mer-tues-par-les-recentes-tempetes_983073
Les méthodes de conservations envisagées actuellement consistent à protéger les sites de nidifications en contrôlant leur accès aux touristes, à réduire et contrôler les prédateurs.
En France, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a été fondée au début des années 1990 pour sauver les macareux des Sept-Iles du braconnage, ils en ont d'ailleurs fait leur emblème.
Leur mission était de protéger les espèces animales, végétales sauvages ainsi que les milieux naturels,
Cette mobilisation a permis entre autre d'interdire la chasse au macareux mais aussi d'obtenir le classement de Réserve naturelle pour les Sept-Iles et la sensibilisation pour leurs actions,
 
Le réchauffement hivernal des eaux de surface perturbe le développement des œufs d'anguilles des sables ou lançons, principale nourriture du macareux juvénile.
Le poussin est particulièrement vulnérable au phénomène appelé « pollution lumineuse », lors du 1er envol du nid, ils sont attirés vers les lumières proches au lieu de regagner la mer. 
C'est pour cela qu'actuellement ils ne survivent que sur les îles ou lieux isolés.
Cependant, les déclins semblent s’être arrêtés, et quelques colonies du nord de l’habitat pourraient même être en augmentation.
 
Le film Islande, paradis des Macareux a été consacré à ce sujet par les réalisateurs Jean-Marc Robert et Mike Magidson.
Synopsis : Il présente une nouvelle tradition islandaise de la petite île de Heimaey (sud de l'Islande) où chaque année vers le 15 août, des enfants passent plusieurs nuits dehors pour ramasser dans des cartons, des centaines de macareux qui, lors de leur premier envol, ont été instinctivement attirés par les lumières les plus proches (phares, lampadaires, éclairage urbain, etc.) et se sont posés au sol au lieu d'aller en mer. S'ils n'étaient pas ainsi sauvés, ils se feraient alors manger par les chats ou les chiens ou écraser, blesser par les voitures s'ils ne mouraient pas simplement de faim. Le film montre les enfants les collectant et les transportant le jour suivant sur le rivage où ils les relâchent, contribuant ainsi à la survie de la colonie.

"Lorsque quelque chose te parait insurmontable, c'est uniquement parce que tu doutes de toi "


25 novembre 2017 à 15:34:45
Réponse #3
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Informations complémentaires : 
Particularités : Un macareux blanc atteint de leucistisme a été photographié près des iles Scilly (près de la péninsule les Cornouailles).
Le leucistisme est une particularité génétique due à un gêne récessif qui donne une couleur blanche aux plumes, les yeux et le bec gardant une couleur normale, orange  dans le cas présent,
Ils sont résistant à la chaleur, la couleur blanche ayant un albédo, elle protège davantage de la chaleur.
Cet oiseau a été déclaré extrêmement rare.
 
http://www.maxisciences.com/macareux-moine/macareux-moine-blanc_pic12724.html
 
Mascotte
 
Le macareux est la mascotte de la L.P.O (Ligue pour la Protection des Oiseaux), créée en 1912 par le lieutenant Hemery qui dénonçait le massacre des macareux moines par les chasseurs sur les côtes nord de la Bretagne et y mettre un terme.  Cet oiseau marin est devenu depuis son symbole.  Elle a été reconnue d'utilité publique en 1986. Elle est dirigée par Yves Verilhac et présidée par Alain Bougrain Dubourg.
 
Le macareux est aussi la mascotte du logiciel Scilab. Dessinée par le Dr. HU Baogang, ex-directeur chinois du LIAMA et membre contributeur du conseil scientifique du consortium Scilab. Il explique son choix de l'animal en ces termes : « l'image du macareux reflète à la fois un esprit de liberté et de fierté, qualités que l'on retrouve chez les développeurs s'efforçant de réaliser des logiciels open source. »
 
Réglementation et statut :
 
Le Macareux moine est protégé au niveau international dans le cadre de l'Annexe III de la convention de Berne (19 septembre 1979), relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe.
Cette espèce est également protégée au niveau national en vertu des articles 1 et 4 de l'Arrêté ministériel du 17 avril 1981 qui fixe la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire français.
Dans le statut de conservation IUCN, il est classé en « préoccupation mineure », même s'il est le symbole de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux.
Cependant, l'espèce est en danger en France (250 couples seulement, en Bretagne).
Le macareux moine est l'emblème de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador et de la ville de Perros-Guirec en Bretagne (à cause de la plus importante colonie française de macareux implantée sur les Sept-Iles, un ensemble d'îles proche de la côte).
Le macareux moine est l'oiseau-symbole de l'Islande. Il y est très présent sur les souvenirs touristiques.
 
Bibliographie : 
http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/macareux_moine/184041
https://www.lpo.fr/oiseau-magazine/loiseau-magazine-n105  (hiver 2011)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Macareux_moine
http://www.xeno-canto.org/species/Fratercula-arctica
https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/services/symboles-provinciaux-territoriaux-canada/terre-neuve-et-labrador.html
http://www.hww.ca/fr/faune/oiseaux/le-macareux-moine.html?referrer=https://www.google.be/?referrer=http://www.hww.ca/fr/faune/oiseaux/le-macareux-moine.html
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25 novembre 2017 à 16:14:33
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source : Lesley DANFORD




25 novembre 2017 à 16:43:56
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Superbe photo Patrice, merci  +]


Macareux blanc (leucistisme)












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25 novembre 2017 à 16:46:41
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25 novembre 2017 à 16:48:33
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25 novembre 2017 à 16:50:42
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Une histoire de nid ^^


















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25 novembre 2017 à 16:53:40
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Une démarche amusante !






















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25 novembre 2017 à 16:58:01
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26 novembre 2017 à 09:27:42
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un énorme travail que tu as réalisé là sur cet oiseau magnifique et emblématique! HY*
de très belles photos! +]


26 novembre 2017 à 17:00:03
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Un travail remarquable et complet , on voit que tu l'aimes ! ; ) .


Merci


26 novembre 2017 à 19:28:25
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Bravo superbe présentation !

Très bon résumé de l'oiseau.

Un des meilleurs sujets du photographe animalier.


26 novembre 2017 à 20:10:19
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